Manoir de Kerenneur

Publié le 25 mars 2018

Livret de Muriel Rouzic réalisé pour Haude et Michel Egret

L’édification de Kerenneur

Le contexte historique

La Guerre de Cent Ans 1337-1453

La Guerre de Succession de Bretagne 1341-1381 et les deux traités de Guérande 1365 et 1381 :
En 1341, à la mort de Jean III, Jean de Montfort son demi-frère et Jeanne de Penthièvre sa nièce épouse de Charles de Blois rivalisent pour la succession du duché.
Montfort obtient l’aide du roi d’Angleterre Edouard III, déjà engagé dans la Guerre de Cent Ans.
En 1347 Charles de Blois est capturé par les Anglais et la guerre de Succession s’enlise jusqu’à ce qu’en 1365 Jean de Montfort soit reconnu par le roi de France Charles V et devienne Jean IV (premier traité de Guérande).
Mais l’accord est vite annulé car le duc se range à nouveau du côté des Anglais.
Le conflit franco-breton prend fin en 1381 quand Jean IV rend hommage au roi de France.

La Grande Peste de 1348.

Les razzias dans les campagnes par les soudards des deux camps, par les bandits de toutes sortes.
Les pillages successifs.

C’est dans ce contexte mais aussi grâce au début d’une paix et d’une prospérité relative que de nombreux manoirs sont édifiés dont celui de Kerenneur, vers 1400.
Manoirs fortifiés comme il se doit dans des temps aussi troublés où l’ennemi pouvait venir aussi bien de l’extérieur par la mer, que de l’intérieur, soldats français, bretons ou pillards.

Les manoirs bretons

Le mot manoir-maner apparaît au 12ème siècle (fortifications existant au 11ème)
manere en latin, maneir en celte, maner en breton
maner en breton : « maison de noblesse » puis par extension unité d’exploitation agricole ;
d’ailleurs le toponyme en KER : « lieu habité et cultivé »
Les manoirs sont mentionnés pour la première fois au début du 15ème
11000 à 14000manoirs au 15ème en Bretagne, densité la plus élevée d’Europe
Entre l’Aber Benoît et l’Aber Ildut 115 manoirs recensés, dont 24 à Plourin
sachant qu’en 1440 dans le Léon on a une moyenne de 16 manoirs par paroisse.

Le modèle médiéval prédomine : appareil militaire avec tour, mâchicoulis, meurtrières
avec une évolution renaissance
Les manoirs restent signe de noblesse et de tradition

La plupart des manoirs donc remontent au 15èsiècle
et connaissent leur essor après la Guerre de Succession de Bretagne quand Jean IV rend hommage au roi de France (1381).

Guerre de 100Ans, guerre de Succession, guerres de la Ligue (1588-1598), plus brigands et pillards en tous genres : on comprend la nécessité de tout l’appareil militaire des manoirs pour assurer une protection armée : mur d’enceinte parfois crénelé, tours, échauguettes, bretèches, emplacements de tir.
La reconstruction d’édifices antérieurs avec cette fonction défensive évidente va de pair avec un renouveau démographique, et de grands défrichements, les manoirs prenant alors une importante fonction agricole et économique ; le manoir devient l’élément central de l’espace rural, comme l’était la villa romaine.

Fonction défensive
Fonction agricole et économique
Fonction symbolique aussi :
les manoirs montrent la supériorité du seigneur par l’importance des bâtiments (dont les tours), des armoiries et des blasons, des chapelles, des pigeonniers ou colombiers, de l’ornementation architecturale. C’est une époque de symboles et d’images où aucun détail n’est gratuit, car ils représentent la possession et le statut social.

Le manoir, lieu de pouvoir concédé par une autorité féodale, est donc bien un ensemble foncier de valorisation directe ou indirecte, comprenant un domaine noble, une habitation avec ses dépendances, et des prérogatives sociales et économiques.

Les atouts du manoir :
a) géographiques : sur une butte, près d’un cours d’eau
b) commercial et économique : près des Abers, près de la mer
c) techniques grâce aux moulins à eau, fin du 14ème siècle jusqu’au 19ème ; aux moulins à vent plus tardifs (17ème) ; pour moudre la farine pour le pain ; et aussi au 15èmepour le lin et la fabrication des toiles
d) juridiques et politiques : la noblesse bénéficiait :
- d’exemptions d’impôts, le fouage, lourd impôt foncier (contre le droit du sang) et très tôt les nobles essaient de faire bénéficier de cette franchise le métayer principal installé au manoir ou dont l’exploitation le jouxte
- du droit de posséder garenne, pigeonnier, moulin, chapelle
Tous ces atouts se retrouvent à Kerenneur.

Le manoir comprend :
- le logis du seigneur et de sa famille : les seigneurs résidaient souvent dans les manoirs et connaissaient leurs terres dont ils surveillaient la mise en valeur
- les dépendances : écurie, étables, grange, four à pain ; ces dépendances forment le retour d’aile du logis autour d’une cour fermée et pavée
- les dépendances seigneuriales : moulin, colombier, chapelle ; en général le moulin d’abord, celui qui a le plus de « rapport » ; puis le colombier ou pigeonnier pour une meilleure nourriture du seigneur et pour le prestige ; la chapelle : seuls les plus importants ont une chapelle.

Sur 115 manoirs recensés entre l’Aber Benoît et l’Aber Ildut, 20 seulement ont les trois : moulin, pigeonnier, chapelle, dont Kerenneur qui avait 3 moulins !
Leur taille varie de 5 à 20 ha ; Kerenneur en avait 25.

Saut dans le temps : d’après les recensements de Plourin de 1836 et les suivants, on constate que de 25 à 30 personnes vivaient entre Kerenneur Coz (le manoir) et Kerenneur Nevez (la métairie).
Il y avait évidemment de nombreuses relations et alliances entre les deux : Yves Lainé de Kerenneur Coz et Guillaume Kermorgant de Kerenneur Nevez, beaux-frères, et riches paysans, achètent en 1799 Kerenneur aux derniers descendants nobles.

Le manoir de Kerenneur, architecture

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Petit manoir fortifié longtemps habité par les Kergadiou dont le berceau subsiste non loin de Kerenneur.

Par arrêté du 29 juillet 1977 du Ministre de la Culture et de l’Environnement : « sont inscrites sur l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques les façades et les toitures ainsi que le portail d’entrée et l’escalier à vis du Manoir de Kerenneur »

Kerenneur fait partie de la commune de Plourin paroisse très étendue allant autrefois de Lanrivoaré à Landunvez et Porspoder. Plourin possède un patrimoine très riche (menhirs, tumulus, stèle de l’âge du fer, croix et calvaires, manoirs, colonnes de justice, chapelles, enclos paroissial, fontaines et lavoirs, puits..).
Bâti à mi-pente d’une croupe granitique enfermée entre deux ruisseaux dont l’un alimentait l’étang et les deux moulins à eau aujourd’hui disparus.
Il n’y pas de bois de feuillus aux alentours proches car le manoir est devenu « ferme » au milieu du 17ème siècle.
Ce petit manoir fortifié construit vers 1400 par Hamon de Kergadiou pour son fils cadet comprenait autrefois : le manoir, la métairie, un pigeonnier, une chapelle dans l’angle nord-est du jardin entouré de murailles, deux moulins à eau alimentés par deux étangs, et un moulin à vent.
Le manoir fortifié de Kerenneur Coz était certainement un poste de guet face à la mer que l’on surveillait du haut du portail à mâchicoulis. Il pouvait signaler l’arrivée des voiles supectes.
Par sa muraille et ses plans d’eau il pouvait s’opposer à l’arrivée des envahisseurs et les arrêter assez longtemps pour que les hommes d’armes de Trégarn, de Larret et de Kergadiou (villages voisins) aient le temps d’organiser leur défense.
Le portail est couronné de 8 corbeaux (pierres ou éléments en saillie sur un parement de maçonnerie, qui supportent l’une des extrémités d’un linteau), restes des machicoulis (créneaux verticaux) sur lesquels se trouvait sans doute un mur percé de meurtrières avec galerie couverte.
Ce passage, cette galerie était accessible par un escalier à vis situé à l’intérieur de la petite tour de la cour ; on pouvait aussi y accéder par les portes du manoir et les communs.
Le lourd portail était clos de 2 vantaux fermés par une grosse barre de bois que l’on faisait coulisser dans son logement. On distingue encore le logement.

La cour

A l’entrée de la cour, au coin à droite, à l’angle de la tour, on peut remarquer une tête d’homme sculptée, surmontant la même tête à l’envers comme dans un miroir.
Cette tête sculptée est-elle comme à Pratmeur et à Kerloroc (Ploudalmézeau) le portrait du Seigneur du lieu ?
Il s’agit d’une cour à pavage bouleversé. Autrefois cette cour était close par l’ensemble des bâtiments. Une porte permettait d’entrer dans le verger ou le potager. C’est tout au fond du verger que se trouvait la chapelle dont il ne reste que l’encadrement des fenêtres et les deux socles des statues.

Plan du manoir
Epoque médiévale : le plan gothique ternaire : binaire au départ avec adjonction en demi-croix à l’arrière.
Epoque Renaissance : la façade et ses fenêtres

Le logis principal sud

Les ouvertures du manoir se trouvent essentiellement au sud, très peu au nord (vent et pluie).
La façade du manoir, avec son bel appareil de pierres sèches, est plein sud.
Elle mesure 32m. La partie la plus ancienne se trouver vers la tour et date de 1400-1450. Une autre partie a été remaniée et date de 1540-1550, avec deux belles lucarnes. Ce remaniement correspond à l’époque du mariage de Marie de Kergadiou et de François de Kersauson.
Toutes les fenêtres du manoir étaient garnies de barreaux et de grilles, même celles donnant sur la cour.
La porte d’entrée principale, de la même époque que les deux lucarnes, est surmontée d’un blason représentant l’alliance de Tanguy de Kergadiou et Catherine de Kerlec’h vers 1510. Ce blason se trouvait à l’envers sur une ancienne dépendance (maison de la chèvre Zoé actuellement).
Le blason présente et confirme le seigneur dans ses privilèges ; il aussi une fonction décorative.
Les lucarnes de la salle haute se superposent exactement aux fenêtres très soignées de la salle basse.
Les lucarnes Renaissance comportent traverse et fronton blasonné à volutes et coquille.
On peut apercevoir aussi sur la façade des ouvertures minuscules pour l’aération.

Pignon est et façades.

Nous contournons le pignon Est du manoir, qui donnait accès au verger et à la chapelle, pour découvrir la façade Nord, plus sévère, plus défensive car plus sensible aux attaques éventuelles de cette époque troublée qu’est la Guerre de Cent Ans, la Guerre de Succession de Bretagne, la Guerre de la Ligue, ainsi que les attaques diverses de bandits, de mercenaires ou de soldats, restés sur place après les guerres et vivant de rapine et de coups de force.
De ce côté il n’y avait pas de porte donnant accès à l’intérieur. Les fenêtres étaient rares, et toutes munies de barreaux et de grilles. Cette partie postérieure nord était autrefois semi-enterrée, avec une pente assez importante et des fossés d’eau, alimentés par les eaux de pluie et les sources. Toutes les latrines du manoir s’y déversaient.
Adossée au pignon Est s’élevait une petite tour carrée dont on voit encore les traces de raccordement sur la façade nord, ainsi que des restes d’escalier.
Un arc de soutènement est visible sur cette façade nord.
Les petites meurtrières encore visibles et intactes permettaient de tirer sur les assaillants de tous les côtés.
Nous voyons aussi la massive tour d’escalier, avec son escalier en encorbellement menant à la chambre haute.
Des latrines en bretèche sont appuyées sur la tour d’escalier. On y accède directement par la chambre seigneuriale.
Rappel : pas de Salle de bain dans les manoirs mais une baignoire portative jusqu’au 19ème.

La Grande salle

Comme très souvent dans les manoirs bretons, nous pénétrons directement dans la grande salle, dite « salle basse », lieu de rendez-vous pour tous (famille, voisins, métayers, fermiers…). La salle basse était aussi le lieu de vie commune, pièce à tout faire mais aussi pièce de rassemblement pour les « nouvelles ». Le sol est souvent en terre battue. Cette salle servit aussi à dresser la table pour le repas.
Salle basse et salle haute, superposées, sont les pièces les plus importantes du logis.
Face à la porte d’entrée la grande porte de l’escalier en arc surbaissé avec son blason et son lambel (cadets) mi-parti de Kergadiou, mi-parti de Kerlozrec, maison de Kerromp en Plourin vers 1490-1500, donnant accès au large escalier en vis desservant les étages.
A gauche les cuisines.
Au fond à droite la grande cheminée portant les armes de François de Kersauson et de Marie de Kergadiou, héritière de Kerenneur. Le blason est en pierre de kersanton ou kersantite, réalisé au moment de leur mariage vers 1540.
A gauche de la cheminée la porte qui donne accès au cellier.
Entre la salle et le sellier un grand escalier droit en granite monte à l’étage vers la chambre unique.

Le cellier

C’est une petite pièce sans cheminée, à demi enterrée, où l’on conservait le vin et les provisions. Les ouvertures sont très petites pour préserver la fraîcheur de la pièce.

La cuisine

La cuisine est la pièce la plus ancienne. On notera une grande cheminée avec son four à pain et sa niche à sel. Remarquons aussi les belles voûtes en pierre de ses fenêtrs, de ses ouvertures, de ses portes, et de son placard mural. Faisant partie de la fenêtre et étant d’attache avec elle, les « coussièges », bancs de pierre (bank maen en Breton) servant à lire ou à broder permettaient aussi de surveiller la cour et de voir les visiteurs ou familiers arrivant. Les fenêtres étaient munies de vantaux de bois richement sculptés. Le haut des fenêtres était muni de verre, de vessie de porc ou encore de papier huilé. Pas de vitraux jusqu’à la Renaissance, trop chers. La petite fenêtre de la cuisine ouvrait sur l’extérieur (avant la construction de l’arrière cuisine). Le sol était en terre battue.

L’arrière cuisine

Cette pièce un peu plus tardive ressemble à un cellier ou à une cave. Elle a beaucoup de caractère avec son saloir ou charnier où l’on mettait le porc « sous sel ».Les étagères entourant la cheminée permettaient de poser toutes les marmites, poêlons, cruches et autres bassines. La cheminée était munie d’un four à pain, d’une niche à sel, et d’un four à pâtisserie avec ouverture en ogive.
Sur la gauche de la cheminée se trouvait la pierre à laver et son écoulement pour les eaux grasses, qui se déversaient dans une souillarde.

L’escalier à vis

En passant la porte nous découvrons l’escalier avec ses belles marches de 1m85 de long. En levant les yeux on peut admirer le beau travail réalisé par les artisans des 15ème et 16ème siècles. Le plafond en éventail est supporté par une colonne rehaussée d’un chapiteau en corbeille qui soutient une voûte appareillée de larges pierres taillées en biseau pour permettre la réalisation d’un plafond circulaire et rayonnant.
L’escalier a une fonction utilitaire et décorative, participe, à la symbolique seigneuriale.
Dans la niche sous l’escalier se trouve le blason qui ornait une des fenêtres de la chapelle du manoir, aux armes mi-parti de Kergadiou mi-parti de Kerlec’h avec son lambel, datant de 1510/1520.
En haut des marches nous arrivons face à quatre portes. On voit la balustrade et le plafond aux dalles rayonnantes supportant la chambre haute.

La chambre haute

Montons les marches du petit escalier à vis menant à la chambre haute. Cette pièce était réservée à l’étude, peut-être au chapelain. Elle est de forme hexagonale, avec une cheminée et des latrines.

La salle haute

La salle haute était réservée aux réunions importantes et aux hôtes de marque. La voûte, qui a été rehaussée, est dite en berceau, et a été construite vers 1540 pour le mariage de Marie de Kergadiou et François de Kersauson. La cheminée en granite date de la même époque.
Sur le même pallier deux chambres aujourd’hui privées étaient sans doute destinées à la famille du seigneur.

Les propriétaires de Kerenneur

Kerenneur relevait de la Seigneurie du Chastel, Haute Noblesse

TanguyII du Chastel (vers 1300-vers 1352) épouse Typhaine de Ploesquellec
En 1373 Tanguy du Chastel (né vers 1330) épouse Gabrielle de Mezle (née vers 1330). Il est le propriétaire de Trémazan.
Jeanne du Chastel leur fille (1380-1436) épouse Hamon de Kergadiou vers 1390.

Hamon de Kergadiou est le fils de André de Kergadiou (né vers 1340) qui a épousé Amice de Trégarn (née vers 1345) descendante d’Hervé Tregarn

Hamon de Kergadiou (1380-1443) (Moyenne noblesse) marié vers 1390 à Jeanne du Chastel a pour aîné Hervé de Kergadiou (1410-1467) héritier de Kergadiou

Hamon de Kergadiou fait construire Kerenneur vers 1400 pour son fils cadet Guillaume

Guillaume de Kergadiou rend aveu à son seigneur suzerain pour la terre de Kerenneur le 8 août 1417.
Il est confirmé dans sa noblesse à la réformation de 1426, il est encore en vie en 1452

Guy ou Guyon de Kergadiou, son fils né vers 1392-1395 est marié à Catherine de Kerlozrec vers 1410-1415
Il est confirmé dans sa noblesse à la réformation de 1426, il est encore en vie en 1452

Guyon de Kergadiou son petit-fils, né vers 1470, épouse Anne de Kerlozrec de Kerromp en Plourin vers 1490-1500
Présent à la montre de 1503 en équipement d’archer
On trouve l’écu de cette alliance au-dessus de la porte surbaissée de la salle basse, donnant sur l’escalier à vis
Et un écu semblable dans la niche sous l’escalier, provenant sans doute de la chapelle détruite du manoir

Tanguy de Kergadiou son fils aîné, seigneur de Kerenneur né vers 1495 épouse vers 1510 Catherine de Kerlec’h née vers 1490 fille de la maison du Quenquis en Ploumoguer
Représenté par son fils François à la montre de 1534
On trouve l’écu de cette alliance au-dessus de la porte d’entrée du logis, entrée de la salle basse

Pas de descendance pour François ni pour son frère Guillaume
Après leur mort la terre de Kerenneur échoit à leur sœur cadette Marie de Kergadiou

Marie de Kergadiou, fille de Tanguy, épouse vers 1540-1550 François de Kersauson
seigneur de Penhoat, fils de Guillaume de Kersauson et Claude de Cornouaille
Ecusson au-dessus de la cheminée de la salle basse, en pierre de Kersanton ou kersantite
Ecussons au-dessus des lucarnes de la façade.

Leur fils cadet Guillaume IV de Kersauson écuyer et sieur du Penhoat épouse Marie de Quenquis puis Marie de Kerangar héritière de Penandreff et s’installe à Penandreff

Leur fils Vincent Gabriel de Kersauson a épousé en 1593 Marie du Drennec de la maison de Kerourien en Ploumoguer. Tous leurs enfants moururent en bas âge.

Leur fille Marie de Kersauson épouse en premières noces Jean de Kerlean puis en secondes noces en 1587 Jean de Kerliver. Pas de descendance
Ce sont les seules alliances attestés dans la généalogie de Kersauson branche de Penandreff-Penhoat.
Mais la généalogie du Drennec fait état d’un mariage le 4 juin 1598 entre Gabriel du Drennec seigneur de Kerourien, et Marie de Kersauson fille de Marie de Kergadiou.
Il s’agirait donc d’une troisième alliance dont la seule descendance connue est Guillemette du Drennec seule héritière des maisons de Penhoat, Kerenneur, Kerromp etc
mais qui les apportera dans la maison de Trébodennic en Ploudaniel par son mariage avec François du Poulpry fils ainé d’Alain seigneur de Trébodennic et de Lucrèce Le Gac

Guillemette du Drennec est seule héritière de Pehnoat, Kerenneur, Kerromp ; elle épouse François du Poulpry

Leur fils ainé François du Poulpry né en 1633 hérite des terres de Kerenneur et de Kerromp mais en accorde les revenus à sa sœur cadette Guillemette du Poulpry lors de son mariage en février 1658 avec Guillaume du Bouilly
François du Poulpry épouse Anne Gabrielle de Penmarch en 1661
Son fils aîné Gabriel François Joseph du Poulpry seigneur de Penhoat épouse en 1699 Marie Madeleine de Matharel
Il meurt en 1726
Ses deux enfants :
- Louis marie marquis du Poulpry, marié deux fois sans descendance, mort en 1790
- Françoise Catherine Guillemette du Poulpry qui meurt célibataire à Paris est propriétaire de Kerenneur avant la Révolution ; elle meurt le 23 mai 1789

Son légataire universel Jean François Claude du Poulpry, son neveu, sieur de Lavengat, avait émigré donc les biens furent saisis par la Nation et le manoir mis sous séquestre
Mais les héritiers vont tout faire pour faire lever le séquestre l’émigré étant héritier d’un tiers seulement donc un tiers seulement appartient à la République

Antoinette Guillemette Bonsens, veuve Prunelé, héritière de Kerenneur, fait lever le séquestre.

Le 18 novembre 1799 Augustin Prunelé sur procuration de sa mère vend Kerenneur à François Kermorgant et Yves Marie Lainé son beau-frère, riches paysans,
pour la somme de 25000 francs sur laquelle les acquéreurs gardent 1000 francs pour paiement d’une dette contractée par l’héritière du Poulpry

Simon Pierre Auguste Carof achète aux Kermorgant Kerenneur Nevez en 1882 et aux Laîné Kerenneur Coz en 1890

Haude Egret (née Meriel-Bussy) arrière-petite-fille de Simon Pierre Auguste Carof, et son époux Michel, sont les actuels propriétaires de Kerenneur Coz

Notes :
La Réformation de la noblesse au XVe est d’abord une enquête fiscale qui établit le premier nobiliaire, le plus complet
« Anciennes réformations de la noblesse bretonne » 1426-1543 à la BM de Nantes et à la BM de Saint-Brieuc (avec les noms des métayers) Manuscrit 34

Seconde réformation par Colbert au XVIIe avant 1660 pour vérifier les « aveux » des simples paysans aux grands seigneurs, déclaration écrite de suzeraineté ; pour éviter les nouveaux « nobles » se dispensant d’impôts

Aveux (de la chambre des comptes de Bretagne) : en droit féodal l’acte par lequel un vassal reconnaît quelqu’un pour seigneur, duquel il déclare tenir tel héritage, aveu accompagné d’un dénombrement ou minu (détail des biens)
Montres : les montres rassemblent les nobles, par paroisse et en armes. Le but principal est de contrôler l’état de l’équipement militaire des nobles d’une province, en fonction de critères qui dépendent du rang et de la fortune de chaque noble. Des exemptions sont possibles, mais les nobles défaillants s’exposent à des sanctions.

Yves Lulzac, Michel Mauguin, Olivier Moal, Muriel Rouzic

Les armoiries du manoir de KERENNEUR

Le Lieutenant Colonel Pierre DURAND a décrit l’architecture du manoir et de ses dépendances et tentait de retrouver la vie passée de cet endroit. Il a tenté aussi de reconstituer une généalogie, laquelle est assez difficile puisqu’il s’agit d’une branche cadette de la famille de Kergadiou et de ce fait la documentation est rare et parcellaire.
Jérôme FLOURY et Eric LORANT ont puisé dans le catalogue de la réformation de la noblesse de 1668 à 1672 pour en extraire les arbres généalogiques fournis par les familles au Conseil d’État et du Parlement.
Il apparait des erreurs de transcription concernant les noms de familles, probablement par méconnaissance des identités de la noblesse locale, ce handicap est facilement surmontable. Nous avons aussi la composition même de l’arbre généalogique fourni par les nobles. Ce travail long et fastidieux doit être étayé par des archives à retrouver parmi des milliers de documents qu’un chartrier peut contenir, ceci demande trop de temps et d’énergie. Il semble que la simplicité fut utilisée pour mener à bien cette tâche en faisant appel à la mémoire familiale avec le moins de dates possibles. Le résultat donne un arbre vraisemblable, toutefois dès qu’il est recoupé avec des documents existants, les anomalies apparaissent, liens douteux et des périodes trop longues entre deux générations.
Yves LULZAC a travaillé sur l’histoire du manoir de Kerenneur à partir d’archives du Finistère et de Loire-Atlantique. Le résultat semble donner une généalogie plus cohérente, c’est à partir de ce travail que nous pouvons proposer un tableau généalogique pour la famille cadette de Kergadiou et de ses successeurs jusqu’à la Révolution.
Avec tous ces éléments nous pouvons situer dans le temps les belles armoiries que possède cette maison.

La première observation nous montre qu’elles sont limitées à quelques générations.
Les blasons extérieurs sont au nombre de trois, le premier est placé au dessus de la porte d’entrée, il représente l’alliance de Tanguy de Kergadiou avec Catherine de Kerlec’h, vers 1510, Tanguy se fait représenter à la montre de 1534, par son fils François, ce dernier doit avoir entre 16 et 20 ans

La pierre sculptée en bosse et sa reproduction colorisée à droite.
Mi-parti, au 1, d’or à trois fasces ondées d’azur, au franc canton chargé d’hermines (qui est de Kergadiou) ; au 2, un fascé d’or et de gueules, la troisième fasce chargée d’un annelet de gueules (qui est de Kerlec’h), sur le tout un lambel d’azur placé en chef.

Il est à noter que Catherine de Kerlec’h était issue d’une branche cadette de cette famille, la troisième fasce de l’écusson porte un demi-annelet, lequel est une marque de brisure d’un juveigneur.

Au dessus des fenêtres du premier étage, nous admirons deux blasons, en pierre de Kersanton, placés dans un cartouche de style cuir roulé, nous y retrouvons les armoiries les plus récentes du manoir, puisqu’il s’agit des armes de François de Kersauson en alliance avec Marie de Kergadiou dernière héritière du nom. (Vers 1550)

Ces deux écus, bien que légèrement différents, semblent être du même sculpteur.

A l’intérieur de la maison, nous trouvons le même style d’écu dans un cartouche au dessus de la grande cheminée

L’alliance de François de Kersauson et de Marie de Kergadiou, écu colorisé comme il pouvait être vers 1550
Mi-parti, au 1, de gueules à une demi- boucle d’argent (qui est de Kersauson) ; au 2, d’or à trois fasces ondées d’azur, au franc canton chargé d’hermines (qui est de Kergadiou)

Une pierre, en granit, armoriée en mi-parti de Guyon de Kergadiou et d’Anne de Kerlozrec (vers 1500), est placée en clé de voûte sur une robuste porte surbaissée donnant accès à l’escalier. L’observation attentive de cette pierre nous laisse à penser qu’elle séjourna des décennies à l’extérieur. Le granite érodé par les intempéries nous indique que cette porte fut probablement une entrée principale, mais déplacée à la suite d’un remaniement du manoir puisque d’autres pierres de cette porte n’ont aucune trace d’érosion.

Mi-parti, au 1, d’or à trois fasces ondées d’azur au franc canton chargé d’hermines (qui est de Kergadiou), au chef chargé d’un lambel de gueules ; au 2, un palé d’or et d’azur, au chef chargé d’un lambel de gueules (qui est de Kerlozrec de Kerrom).

Ce blason nous montre un lambel à quatre pendants courant sur les deux parties de l’écu avec des espaces différents. La raison est que les deux familles sont des branches cadettes et nous avons deux demi-lambels bout à bout, Anne de Kerlozrec était Dame de Kerrom (alias Kerromp) en Plourin et non du manoir de Kerlozrec en Ploudalmézeau.

Dans une niche sous l’escalier de pierre, est exposée une autre pierre parfaitement conservée, sculptée dans un bloc en Kersanton, faisant office de meneau. Elle provient probablement de l’ancienne chapelle. Nous y voyons un mi-parti de Kergadiou et de Kerlozrec avec une précision complémentaire apportée sur le parti de Kerlozrec qui est surchargé d’un double lambel pour bien marquer la branche cadette de cette famille.

Au dessus du porche sud de l’église de Porspoder, nous retrouvons, la présence de la maison de Kerenneur représentée par une statue de Saint-Pierre aux armes de Kergadiou et de Kerlozrec. Cette statue n’est pas à cette emplacement depuis 1500, elle est probablement arrivée à ici tardivement, le blason n’a pas souffert de la Révolution, le socle est un rajout pour combler un espace trop grand pour les dimensions de la sculpture. Il se pourrait quelle provienne de la chapelle disparue du manoir de Kerenneur, afin de combler un vide à la suite de la disparition d’une ancienne sculpture comme par exemple Saint-Budoc.

L’hypothèse émise par Pierre DURAND d’une donation par la marquise du Poulpry vers 1773 en compensation d’une cloche du manoir de Kerenneur donnée à l’église de Plourin, semble être vraisemblable, mais probablement installée qu’après la Révolution.

La chapelle du manoir n’étant plus entretenue le mobilier est redistribué dans les églises fréquentées par les personnes vivant sur la propriété des de Poulpry de Kerenneur.
Conclusion
Bien qu’après les de Kersauson, les familles de Kerléan, de Kerliver, du Drennec et du Poulpry aient été propriétaires de Kerenneureur, nous ne trouvons aucune trace d’armoiries de celles-ci. Sauf découvertes fortuites, nous pouvons dire que les armoiries visibles à ce jour à Kerennneur, ne couvrent qu’une période de trois générations que l’on peut situer de la fin XVe à fin XVIe siècle. Elles sont la marque d’une certaine aisance générale en Bretagne à cette époque.

Michel Mauguin 08/2009

La chapelle oubliée de Kerenneur

Le manoir de Kerenneur possédait une chapelle, privilège des seigneurs puissants, comme les moulins et les colombiers. Les moulins et le colombier de Kerenneur ont disparu au 20ème siècle, la chapelle bien avant. Nous savons que certains s’y sont mariés au 17ème siècle.
Au fond du jardin, autrefois clos de murailles, on peut encore voir un beau mur de l’ancienne chapelle dans l’angle nord-est du domaine. Là où se trouvait un pommier aux fruits à chair rose ! Disparu lui aussi à présent.
Dans le mur se trouvent le cadre intact d’une ancienne fenêtre et deux petits piédestaux. L’un devait soutenir une statue de la Vierge, selon Haude Egret.
Ou une statue de Sainte Barbe ? Car en 1773 la marquise du Poulpry, propriétaire de Kerenneur, fit don à la chapelle Sainte Anne de Plourin d’une cloche de Sainte Barbe : lorsque l’orage grondait, les fidèles de Plourin accouraient la sonner demandant à être préservés du tonnerre et d’une mort subite…
L’autre statue se trouve à l’église de Porspoder.
Au-dessus du portail Sud, une très belle statue de Saint Pierre avec ses clefs. Et sur le socle l’inscription : Me B.P.Kerenneur.
Cette statue provient de l’atelier de Maître Bastien et Henri Prigent de Landerneau (atelier actif de 1527 à 1577).

Tout comme très probablement la magnifique Piéta en kersanton, originaire de la chapelle détruite du manoir de Kerizaouen, et se trouvant actuellement dans l’enclos paroissial de Plourin.

Mariages dans la chapelle Saint-Antoine de Kerenneur

21 novembre 1675
PELLEAU Tanguy de Ploudalmézeau fils de Mathieu décédé et de Barbe Lanon
KERBOUL Isabelle fille de François décédé et de Catherine Ar Forest présente
Témoins : Yvon et Jan Ar Forest, oncles de Catherine
Mention marginale : en la chapelle de Kerreneur
Messe dite par Dom Léonard Le Menec, prêtre de Plourin

18 juin 1676
KERBOUL Marie (sœur d’Isabelle)
LE HIR François
« Vénérable et discret Missire Servais Moulin, sieur recteur de Plourin, fit les cérémonies du mariage selon les rites et canons de l’Eglise. Les témoins pris nommément à cet effet furent Dom Guillaume Baron, un des prêtres de ladite paroisse, et Yvon Forest, oncle de la mariée et paroissien de Plourin, qui signe lui aussi ».

07 novembre 1678
MORVAN Jean
de François présent et Marie Goachet présente
KERDANGUY Marie de Landunvez fille de François et Anne Mazeau (ou Mazé) présents
témoins : Goulven Morvan frère du marié, Yves Forest oncle du marié, Jean et Bernard Mazeau oncles de la mariée, Marie Pohon, Janne Corriq
mention marginale : célébré dans la chapelle du manoir de Kerreneur

C’est à l’occasion du double mariage suivant que nous apprenons que la chapelle de Kerenneur était dédiée à Saint-Antoine :
23 novembre 1684
PRIGENT Jean de Plouarzel fils de Pierre décédé et de Françoise Trébaol
CORNEN Marie fille de Tanguy décédé et de Marguerite Le Hir
mention marginale : en la chapelle Saint-Antoine de Kerreneur

BOTOREL Paul fils de Jan et de Françoise Brenterch
JAOUEN Françoise fille d’Yvon et de Catherine Buzic présente
témoins : Claude Jarnic, Jan Tassin, Jan Foll
mention marginale : en la chapelle Saint-Antoine de Kerreneur

Missire Léonard Le Menec célébra la messe pour le premier mariage, et Missire Jean Roch pour le second

17 juin 1685
CADALEN François de François décédé et Catherine Robert
SALOMON (ou SALAMOUN) Marie fille de Jan décédé et de Françoise Gueguen
témoins : François Alouer autres illisibles
mention marginale : en la chapelle de Kerreneur
mariage béni par Missire Prigent Briant

22 novembre 1685
PERES Yvon
SALOMON Françoise (sœur de Marie)
mariage béni par Missire Hervé Lannuzel

11 octobre 1688
KERMORGANT Guillaume de Lanrinou (frère de Missire Servais Kermorgant clerc acolyte mort à Lanrinou le 21 novembre 1677 et grand-oncle de Missire Jean Kermorgant clerc tonsuré mort à Lanrinou le 20 août 1773)
KERMORGANT Guillaume âgé de 26 ans, fils de Guillaume décédé et de Anne Cloastre ; l’époux signe
LE FOREST Marguerite fille d’Yves présent et qui signe et de Françoise Goachet
témoins : Jean Kermorgant, Alain Goachet

11 octobre 1698
PONDAVEN Charles fils d’Yvon présent et de Jacquette le Bras présente
L’EZNE Servaise de Jan présent et Françoise Kérézéon présente
témoins :Yves L’Ezné diacre et Jacques Lestideau
mention marginale : en l’église Saint Ambroise
est-ce une erreur de transcription ? Peut-être pas : la chapelle Saint Ambroise existait, à Brélès, qui à l’époque faisait partie de Plourin ! Elle se trouvait au village de Lanambroas et est aujourd’hui disparue.
Servaise L’Ezné est la sœur de Mathias Lainé époux de Gabrielle Manant et père de la lignée qui conduit à Yves Marie Lainé propriétaire de Kerenneur en 1799.

« Les pierres d’infamie » pierres de l’ignorance

Michel Mauguin et Paul-François Broucke, éminents héraldistes, ont répondu à Elisa Mahé et Muriel Rouzic, à leur question concernant les blasons retrouvés à l’envers : l’un sur une ancienne étable du manoir, remonté à l’endroit au-dessus de la porte d’entrée de la salle basse (confirmé par Haude Egret), l’autre se trouvant au-dessus de la porte de la métairie voisine.

Guide du manoir de Kerenneur ? Comme ce doit être agréable. C’est un manoir magnifique, agréable, si bien restauré par des gens passionnés et adorables. Vraiment, c’est une demeure d’exception. Quel plaisir vous devez avoir d’en faire partager les merveilles aux visiteurs !

Pour l’écusson retourné de la métairie, il n’y a pas lieu de chercher une hypothèse compliquée. Les pierres armoriées de réemploi mal remontée et montrant l’écusson à l’envers sont légion. Ce ne sont pas des marques de bâtardise comme cela a été parfois dit à tort, non plus que des signes d’infamie à l’encontre de leurs propriétaires. Les cas connus de ce genre à travers toute l’Europe depuis les origines de l’héraldique se comptent sur les doigts de la main tant ils sont rares. Il faut seulement y voir une négligence des maçons lors de la pose.

L’explication est en fait assez simple. On n’apposait généralement pas d’armoiries sur des dépendances, sauf éventuellement à envisager des dépendances luxueuses (écuries de prestige, orangerie...) accolées à un château ou un bâtiment de prestige appartenant à la haute noblesse, et encore, je n’en connais pas beaucoup d’exemples.
Ce n’est pas le cas à Kerenneur, manoir d’une famille de la petite à moyenne noblesse léonarde. Il faut donc considérer ce scénario comme le plus probable : les pierres armoriées de la métairie et de l’ancienne dépendance sont des réemplois modernes (fin XVIIIe, XIXe ou XXe) de pierres armoriées du XVIe siècle. Cela s’observe du reste facilement car ces écussons sont en kersanton bien taillé, montés dans des murs de moellons ou d’appareil irrégulier.

Les maçons qui ont monté à l’envers l’écusson de réemploi de la métairie sont peut-être les mêmes que ceux qui monté à l’envers celui retrouvé dans une dépendance et rescellé ensuite au-dessus de la porte, ou alors ils ont commis la même erreur, ceux-ci s’inspirant à mauvais escient de ceux-là. En héraldique, il convient de ne pas se montrer trop péremptoire, mais pour le coup il n’y a aucun doute : il ne faut pas chercher d’autre explication.
Au moment de les sceller le maçon ou le propriétaire ne sachant pas toujours ce qu’il tient dans ses mains va rechercher ce qui lui parait le plus esthétique. La forme de l’écu à l’envers fait penser à une fenêtre d’église, par exemple...

Paul-François Broucke rejoint entièrement l’opinion de Michel Mauguin.
Il y a des douzaines et des douzaines de pierres armoriées dont les écussons sont renversés pointe en bas. Ce n’est nullement une marque d’infamie, mais une preuve d’ignorance. Depuis environ la Restauration jusqu’au début du XXe siècle, ces pierres armoriées n’avaient guère de sens pour bien des gens du commun, qui ne voyaient en elles que des matériaux de construction, leur valeur esthétique n’étant que très secondaire.
Il faut aussi faire fi de la théorie de la marque d’infamie, sans cesse répétée, mais dans les faits si rarissime qu’elle n’est documentée pratiquement que dans la théorie. Moins d’une demi-douzaine de cas ont pu être réellement référencés sur plusieurs siècles, pour toute l’Europe !

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Le pigeonnier ou colombier de Kerenneur

Le pigeonnier serait plutôt toute construction destinée à recevoir des pigeons.
Le terme colombier serait plutôt réservé à une construction en forme de tour.
L’appellation de colombier, plus aristocratique, a eu tendance au cours du temps à détrôner celle de pigeonnier.

Non loin de leur demeure, nobles et seigneurs du Moyen Age faisaient construire des tours sans fenêtres. Qui n’avaient pas vocation à accueillir des pigeons voyageurs mais à élever des pigeons.
A l’intérieur, des niches ou boulins sont aménagés. Les plus grands colombiers pouvaient en avoir des milliers. Pigeons et pigeonneaux étaient en effet des mets de choix. A la cour du roi de France, au XIIIème siècle, on en consommait chaque jour près de 700 !
La fiente des pigeons était aussi très recherchée et utilisée comme engrais.
Mais si un domaine possédait trop de colombiers, ils représentaient aussi une nuisance pour les paysans car des nuées de pigeons pouvaient s’abattre sur les cultures ; et il était interdit de les blesser ou de les tuer.

Le colombier est aussi symbole de puissance. La coutume bretonne fixait la limite : pour construire un Kouldri en dur il fallait posséder plus de 300 journaux, soit 150 hectares de terre. Un privilège donc, réservé aux nobles et aux grands seigneurs.
C’est la Révolution qui met fin au monopole le 4 août 1789.

Le pays d’Iroise a compté jusqu’à 80 colombiers dont 23 sont encore debout aujourd’hui.
Il est bien dommage que le colombier de Kerenneur ait été détruit vers 1920…

Les moulins de Kerenneur

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Keranforest dans un article SOS Vieilles Pierres, consacré au manoir de Kerenneur, écrit : « une terre rude giflée par les vents du large, des chemins cahoteux, malaisés, mais il y fait bon marcher, de gros blocs de granit émergeant çà et là, et au loin de belles cheminées rangées sur une vieille toiture ; près d’un portail à mâchicoulis, une maison solide et bien typée s’accroche aux rochers de la pente ; dans le bas du tableau un ancien moulin seigneurial à demi effondré. C’est une vision qui tenterait un peintre, un magnifique tableau qui vit, on n’est guère habitué à rencontrer des exemples aussi purs de ce caractère original qui fait de notre pays ce qu’il est ».

Un pan de mur du deuxième moulin à eau de Kerenneur était encore visible dans les années 1960. Mais aujourd’hui il est complètement effondré et sous la végétation.

comme le premier moulin en amont de celui-ci, et qui était totalement enfoui sous la végétation et les ronces jusqu’à ce qu’en 2017 l’association patrimoniale Tenzoriou Ploerin le dégage.

Trois siècles de fermiers à Kerenneur

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Les fermiers du manoir de Kerenneur

Voici presque complète la chronologie des fermiers (dont certains propriétaires) qui ont vécu et travaillé à Kerenneur Bras ou Coz depuis le début du 17ème siècle jusqu’à la fin du dernier bail consenti à Jean LANSONNEUR en 1968.

Une difficulté importante : à la même époque, dans les mêmes années, on trouve nommés au manoir à la fois Olivier Lilès et François Morvan puis son fils Jean et son petit-fils François.
Difficulté résolue grâce aux recherches d’Olivier Moal.

En effet jusqu’à la Révolution les deux exploitations, appelées Kerenneur Coz et Kerenneur Nevez à partir de ce moment-là n’en formaient qu’une.
C’est au moment de la vente par les héritiers de la Marquise du Poulpry aux deux beaux-frères fermiers exploitants, Yves-Marie Lainé et François Kermorgant, l’un achetant Kerenneur Bras et l’autre la métairie, que les deux exploitations se trouvent séparées ; et la petite métairie reconstruite devient Kerenneur Nevez.

Donc plusieurs fermiers ont pu ensemble résider au manoir et exploiter le grand domaine de Kerenneur.

I Les LILES

Guillaume LILES ( Guillermus Iles) 1606 avant 1616- 8 novembre 1677 époux de Marie (Maria) MAO, née avant 1608 à Plourin, fermière du manoir Lanvennec, mariée avant 1621 avec Guillaume Lilès, morte à Plourin le 3 janvier 1667

Enfants :
-  6 février 1621 Lanrivoaré : baptême de Hoarneus Ilès de Guillermus et Maria Mao
parrain : Hoarneus Kersauson sieur de Penandreff
marraine : Juliana Kerangar dame de Penandreff
mort à Lanrivoaré le 26 septembre 1694

-  1er août 1622 Lanrivoaré : baptême de Jacobus Ilès de Guillermus et Maria Mao
parrain : Jacobus de Kerlean
marraine : Francisca Bernard

-  15 mai 1634 Lanrivoaré : baptême de Tanguy an Ilès (qui sera prêtre)
parrain : Tanguy Kersauson sieur de Penandreff
marraine : Gabrielle Rannou son épouse

-  1635 : naissance de François Lilès à Lanvennec Lanrivoaré (mort en 1670) époux de Renée Goachet

-  Olivier LILES 1638-1710
Olivier naît le samedi 27 novembre 1638 à Lanrivoaré (Oliverius Lilez fils de Guilermus et Maria Mao)
parrain : Oliverius Mao
marraine Gabriela Keradanet dame de Penandreff).

-  9 décembre 1640 : naissance à Lanrivoaré de Guyomarch Lilès
qui épouse Guillemette Coatanea le 8 novembre 1677 à Lanrivoaré
il meurt le 1er octobre 1687

-  1644-1687 : Jean
- 

Mariage d’Olivier L’ILES avec Françoise LE BORGNE le 18 novembre 1668 à Plourin en la chapelle de Lochrist
Françoise Le Borgne 1640-1716 fille de Yves Le Borgne et Anne Kermorgant.
Témoins de mariage : Tanguy Liles chanoine de Kersaint, Léonard le Menec, Nicolas Jourdan, Guillaume Le Barron,
Tanguy Herrou
Yves le Borgne de Bernard Born et Catherine Bescond né le 31 mai 1608, a pour parrain Yves Trebaol prêtre ; mort le 1 décembre 1672
Anne Kermorgant fille de Guillaume Kermorgant 1582 et Marie Peton 1590

C’est sans doute par son mariage avec Françoise Le Borgne qu’Olivier Lilès se retrouve fermier au manoir de Kerenneur.
Olivier est fermier du manoir de 1668 à 1698, en tout cas sûr en 1676 :
- le 12 mars 1676 : héritage du frère de Françoise le Borgne à Plourin Kerenneur
Honorables gens Olivier Lilès et Françoise Le Borgne du manoir de Kerreneur Bras en Plourin rendent aveu à la seigneurie de Gouverbihan (AD29 1 E 651)
- le 19 avril 1687 : pour une somme due, comme il n’a pas d’argent, il doit donner un cheval
- le 15 mai 1698 : décret d’émancipation de Laurent et Pierre (1679) Olivier (1684), Roberte, Anne (1681) et Renée (1685) Lilès ; plus Marie (1687)
enfants de feux Guyomarch Lilès et Guillemette Coatanea
émancipés sous l’autorité de Tanguy Coatanea frère de Guillemette
Olivier Lilès du manoir de Kerenneur en Plourin frère de Guyomarch est présent avec Tanguy Tartu de Lanrivoaré
Il meurt à Kerenneur le dimanche 2 février 1710, son épouse le 4 mars 1716 également à Kerenneur.

Enfants d’Olivier Lilès et Françoise Le Borgne :

-  20 octobre 1679 Plourin, baptême de Prigent Lilès
témoins Tanguy Ilès frère du père et prêtre
Gillette Pellen sage-femme
parrain : Jean Lestideau du bourg, ménager
marraine : son épouse

-  Jean Lilès leur fils naît à Kerenneur le 10 juin 1681.
Jean Lilès meurt à Plourin Kerjegu à 57 ans le 14 juin 1736 ou 1738
témoins Guillaume Hervé Prigent 3 enfants
Le 11 janvier 1753 meurt à Plourin Kerjegu l’épouse de Jean Lilès Elisabeth Le Guen
témoins Guillaume Hervé Prigent 3 enfants

-  1686 Brélès naissance de François Lilès

II LES MORVAN ET LES PONDAVEN

François Morvan 1575 ou1580-1646 et Anne Peton 1585-1661

François Morvan Plouguin 8 juillet 1615- 1698 Plouguin)
épouse Marie Goachet vers 1650 (Marie Goachet 2 juillet 1629 Plouvien-8 décembre 1701 Kerguillerm La Tour)

a pour frère Prigent Morvan qui épouse Françoise Goachet dont leur fille Michelle épouse le 30 juin 1688 Jean Le Rousic

C’est lors de ce mariage, en 1688 donc, dans un aveu des consorts Morvan pour la seigneurie de Lescoat qu’il est fait mention d’un François Morvan à Kerenneur.

Enfants :

-  Leur fils Jean Morvan 13 mai 1655 Plouguin - 24 janvier 1718 Kerenneur
épouse dans la chapelle du manoir de Kerenneur Marie Kerdanguy le 7 novembre 1678
Marie Kertanguy fille de François Kertanguy et de Anne Mazé (morte à Landunvez 31 janvier1689)
il serait dit que Jean Morvan fut métayer au manoir

-  Goulven 6 août 1657 21 novembre 1724 Plourin
qui épousera Gabrielle Le Guen
30 janvier 1679 ou 1699 ? naissance de Goulven Morvan au manoir
témoin le père
Pierre Le Guen aïeul maternel
Marie Goachet grand-mère
parrain Guillaume Kermorgant honorable homme
marraine Françoise Richart épouse de François Le Guen

-  François 1662- 22 juin 1742 Plouarzel
-  Laurent 14 mars 1660-2 janvier 1715

Jean Morvan et Marie Kertanguy
Enfant :
-  24 février 1680 naissance de François Morvan
témoins le père
Yvon le Forest oncle ou grand oncle
François Kertanguy grand-père
Maire Goachet grand-mère
Françoise Goachet tante
parrain : François Morvan aïeul paternel
marraine Anne Mazé aïeule maternelle de Landunvez

9 décembre 1681 François Morvan 23 mois meurt au manoir

Marie Kertanguy meurt le 21 mars 1681

1683 Remariage Jean Morvan et Claudine Louise Le Fourn (1657-1715)
Enfants :

-  Marie 29 juin 1684 Kerarfourn
parrain François Morvan grand père
marraine Charlotte Saliou grand-mère
-  Marie 15 octobre 1685
-  Golven 7 novembre 1688

-  François 9 avril 1690- 1717 (avant 1722) épouse Renée Pondaven 1686-1741

-  Yvon 21 octobre 1692
parrain Yvon le Fourn oncle
marraine Catherine Le Fourn tante
-  Marie Anne 31 octobre 1696
-  Jeanne 26 juin 1698 qui épousera Jean Budoc Kermorgant
témoin le père ; Goulven Morvan
parrain Laurens Morvan oncle
marraine Jeanne Kertanguy tante

pour mémoire Jean Pilven mort avant le 3 février 1670 et Marie Derrien ont pour fils Claude Pilven 1644- mort le 15 septembre 1679 à Penarprat qui épouse le 3février 1670 Marie Jeanne Kertanguy 1647-1723
un fils Jean Pilven marraine marie Kertanguy

-  Goulven 29 avril 1699
-  Gabrielle 11 mars 1703 Plourin
témoin le père ; Goulven et François Morvan oncles
parrain Guillaume Kermorgant
marraine Gabrielle Le Guenn épouse de Goulven Morvan

Marie Anne Morvan épouse Jean Pondaven (de Charles Pondaven et Gabreille L’Allouer) le 13 février 1713
Enfants :
-  Charles né le 20 octobre 1716 à Plourin Kerounaval
tous les autres naissent à Kerenneur donc arrivés par le mariage avec Marie Anne Morvan
-  Marie 29 août 1719
parrain Jean Kermorgant
marraine Gabrielle L’Allouer
épousera Vincent L’Avanant de Plouguin le 17 juillet 1742
-  Renée 6 septembre 1721
-  Claudine Charles 22 avril 1724 au manoir
-  Michel 8 août 1726 au manoir
-  François mort au manoir 10 mars 1729
-  Marie Yvonne née au manoir 28 juillet 1732
-  Gabrielle sa sœur jumelle 28 juillet 1732
parrain Prigent Briant
marraine Gabrielle Morvan
-  Jean né à Kerenneur 16 septembre 1733

Jean Pondaven meurt en 1734, Marie-Anne Morvan également

Le même jour 13 février 1713 où Marie Anne Morvan épouse Jean Pondaven
son frère François Morvan épouse la sœur de Jean Pondaven : Renée Pondaven (qui se remariera le 21 septembre 1722 avec Prigent Briant)
Jean Pondaven et Renée Pondaven ont pour parents Charles Pondaven et Gabrielle L’Allouer mariés le 17 mai 1686
Charles Pondaven de Yvon Pondaven et Cathy Salaun de Milizac
Gabreille L’Allouer de François L’Allouer et Marie Cloastre

François Morvan et Renée Pondaven
Enfants :
-  Gabrielle née le 19 juin 1714 manoir de Kerenneur
marraine Gabrielle Allouer grand-mère
parrain Jean Morvan grand père
-  Charles né le 4 mars 1716 au manoir
parrain Charles Pondaven
marraine Jeanne Morvan

Renée Pondaven remariée avec Prigent Briant le 21 septembre 1722 (Prigent Briant de Laurent et Magdeleine Kerdanguy)

III Les LAINEZ (LAINÉ, LEZNÉ)

1736 (?)-1890

Chainon manquant : Olivier Lilès meurt à Kerenneur en 1710 son épouse en 1714
A partir de 1719 les enfants du couple Pontaven Morvan naissent tous au manoir
donc Jean Pontaven a pris la succession de Olivier Lilès qui a été suivi de François Morvan probablement pendant quelques années
Le dernier enfant du couple Jean Pondaven Marie Anne Morvan nait au manoir en1732
Jean Pondaven meurt à Kerenneur en 1734

Le cercle généalogique du Finistère relève le mariage à Plourin en 1736 de François LEZNÉ fils de Mathias LEZNÉ.
On peut donc raisonnablement penser que les LAINÉ se sont installés à Kerenneur après les Pondaven
Lors de la naissance de Yves Marie Lainé à Kerenneur le 22 juillet 1793 est présent Yves Lainé 53 ans de Kerenneur
1793-53= 1740

Jean Lainé de Plouarzel né après 1610 mort le 10 juin 1710 à Plourin Kermenguy
épouse Françoise Kerezeon (1645-1725)
leurs enfants :
Jean 1666-1726
Jeanne
Yvon 1674
Mathias 1675
Servaise 1676-1736
Hervé 1679
Hamon 1682

Mathias Lezné épouse Gabrielle Manant (1674-1736) le 27 septembre 1694 ; il meurt en 1736
François Lainez leur fils né le 19 avril 1699 à Plourin meurt à Plourin le 19 mai 1741

Mariage de François Lezné à Plourin le 27 novembre 1736 avec Jeanne Pellen (20 avril 1712 Plourin- 22 juillet 1777 Plourin) de Philibert Pellen et Marie Richard, témoins Claude Lezné, Hamon Balch, Jean Trebaol

Naissance de son fils Yves Lainé le 13 octobre 1740 à Plourin qui épouse Marie Anne Gestin le 21 novembre 1758 à Lanrivoaré ( née le 20 novembre 1737 à Plouguin, morte le 3 mars 1795 à Plourin). Il meurt le 1 janvier 1802

Le fils de Yves Lainé et Marie Anne Gestin, Yves Marie Lainé né le 26 octobre 1764 à Plourin 1764, épouse Marie Françoise Renée Kermorgant le 17 octobre 1790 à Porspoder. Il meurt le 11 septembre 1843 à Plourin.

Yves Marie Lainé a pour sœur Françoise Catherine née à Plourin le 20 septembre 1760 ; c’est elle qui épouse Yves Léostic ;elle meurt avant le 19 octobre 1817

Yves Marie Lainé et Marie Françoise Renée Kermorgant :
En 1792 naissance de Guillaume le futur propriétaire de Kerenneur
En 1793 Yves Marie naît à Kerenneur le 22 juillet en présence de Yves Lainé de Kerenneur 53 ans et Honorée Cloatre 23ans épouse de François Kermorgant frère de Marie Françoise Renée Kermorgant

On sait que pendant la Révolution Française les « bons chrétiens » donnaient refuge aux « pauvres prêtres » ; parmi ces bons chrétiens cités par Camille Banabès, les Lainez de Kerenneur, et les Kermorgant de Kerenneur.
Le « fameux » Abbé François Lainé, prêtre réfractaire de Plourin et dont une rue porte le nom, est l’oncle d’Yves Marie Lainez cultivateur de Kerenneur Coz et premier maire de Plourin.

Yves Marie Lainé et son beau-frère François Kermorgant, riches paysans, achètent Kerenneur à la dernière héritière de la marquise du Poulpry, en 1799.

Dans le recensement de 1836 on trouve à Kerenneur
Yves (Marie) LAINEZ 72 ans (épouse KERMORGANT)
Yves (Marie) LAINEZ 42 ans (leur fils)
Guillaume LAINEZ 43 ans (leur fils, et son épouse Marie Désirée LÉOSTIC 42 ans)
Guillaune le frère d’Yves Marie né le 5 octobre 1791 sera le futur propriétaire de Kerenneur
On le trouve dans les recensements de 1836 (p.12), 1841 (p.28), 1846, 1851 (p.11) où il est dit propriétaire.
Guillaume LAINÉ et son épouse Marie Françoise Désirée LÉOSTIC ont un fils Yves Marie LAINÉ époux de Marie Yvonne Perrot ( mariage à Plourin le 10 octobre 1852)
Marie-Françoise Désirée Léostic est la fille de Yves Léostic et Françoise Catherine L’Ainez
C’est le frère de Françoise Catherine L’Ainez, Yves Marie Lainé, qui épouse Marie Françoise Renée Kermorgant, et qui est le premier maire de Plourin.

Yves Marie LAINÉ, le fils de Guillaume, meurt en 1870. I l a une sœur Désirée LAINEZ. Ce sont les héritiers d’Yves Marie Lainé et de sa sœur Désirée Lainez qui vendront Kerenneur aux Carof

Dans la vente par adjudication de Kerenneur le 18 mars 1890 il est dit que ce sont les héritiers des propriétaires par héritage de Kerenneur Yves Marie LAINEZ et sa sœur Désirée LAINEZ tous deux décédés qui vendent Kerenneur à Simon Pierre Auguste CAROF. Il est aussi précisé que le bail entre les LAINEZ et Laurent et Jacques LE HIR, bail courant jusqu’en 1897, doit être honoré.

III MILLOUR/CALVEZ

-  Jean Marie Millour
Né le 10 avril 1828 à Plourin époux de Marie ALENÇON mariage le 31 décembre 1854

On ne trouve plus de LAINEZ fermier à Kerenneur dans les recensements de 1856 et 1861, mais dans son acte de mariage en décembre 1854, il est dit que Jean Marie MILLOUR est domicilié avec ses père et mère à Kerenneur. Dans le recensement de 1861 sont mentionnés Jean Marie MILLOUR et Marie ALENÇON (64 ans et 60ans).

-  Christophe Calvez et Marguerite KERBRAT en 1866

IV Les LE HIR

1872-1904 (peut-être 1870)

-  1870-1888 Pierre Le Hir époux TRÉBAOL

Recensements :
1872 : Pierre LE HIR époux TRÉBAOL
1876 : Pierre LE HIR
1881 : Pierre LE HIR (74ans)
Jean-Marie LE HIR 39 ans
Jacques LE HIR 42 ans époux de Josèphe LE VEN en 1881

-  1888-1904 Jacques Le Hir

Recensements :
1896 : Jacques LE HIR (celui dont il est question dans l’adjudication de 1890)
1901 : Jacques LE HIR (62 ans)

V LES RICHARD/LANSONNEUR 1904-1968

-  François RICHARD

1904-1922

Deux baux dans les archives de Haude EGRET attestent que François RICHARD (mon arrière-grand-père maternel) fut bien fermier de Kerenneur de 1904 à 1913 puis de 1913 à 1922.
Né en 1853, mort en 1940, il est l’époux de Marie Yvonne Prigente MOREL 1850-1927.
Ils ont 9 enfants dont ma grand-mère Maryvonne 1881-1933.

-  Jean-Baptiste LANSONNEUR 1922-1947
Mon grand-père Jean-Baptiste LANSONNEUR 1870-1947 épouse Maryvonne RICHARD (fille de François) le 15 mai 1904 et vient vivre et travailler à Kerenneur avec son beau-père.
Il part prendre un bail à Kermaïdic en Plourin en 1913 où naissent ses trois derniers enfants dont ma mère Françoise en 1919.

Jean-Baptiste revient à Kerenneur en 1922 et prend la succession de François RICHARD.
Son fils Jean vit et travaille avec lui.
Jean-Baptiste meurt d’une crise cardiaque et Jean prend sa succession.

-  Jean LANSONNEUR 1947-1968
Né en 1911 et mort en 1987, époux de Joséphine PERROT.

Michel et Haude EGRET viennent vivre à Kerenneur deux ans avant que Jean LANSONNEUR prenne sa retraite.
Depuis ils ont restauré le manoir et y vivent.

Muriel Rouzic
ces recherches n’auraient pu aboutir sans l’aide précieuse de Camille Rouzic, des archives, des recensements de Plourin, de la mémoire familiale, et sans le soutien de ceux qui m’ont encouragée depuis le début : Haude Egret, Olivier Moal, Jean-Christophe Kermorgant, Daniel Richard.

Sur cette photo on voit la famille Carof au premier plan en visite à Kerenneur et en second plan Jean-Baptiste Lansonneur, son épouse Maryvonne Richard, fermiers de Kerenneur.

Bibliographie

- Chanoine Henri Pérennes, Plourin (Ploudalmézeau) et Brélès : Monographie des deux paroisses, Le Livre d’Histoire Paris 2004

- Camille Banabès, Notice sur l’ancienne paroisse de Plourin, Bibliothèque de l’association de l’Aber Benoît à l’Aber Ildut (Camille Banabès était vicaire de Plourin en 1884)

- Abbé François Le Moan (recteur de Plourin 1902-1925), Plourin pendant la Révolution française, articles parus en Breton dans le Kannadig Parrez Plourin à partir de 1919

- Colonel Pierre Durand, Le manoir de Kerenneur en Plourin-Léon, Cahiers de l’Iroise n°3 1970

- Yves Lulzac, Chroniques oubliées des manoirs bretons, contribution à l’histoire des maisons nobles de Bas Léon sous l’Ancien Régime, 1994-1996

- Matthieu Créach, Les manoirs du Léon occidental, mémoire de DEA, 1993

- E.Salmon Legagneur, Le manoir breton au XVème siècle, symbole et richesse de la société rurale, Société d’Histoire et d’Archéologie, Tome LXIX, 1992, Rennes

- D.Bernard, Les malheurs de la famille Laîné pendant la Révolution, Le Courrier du Finistère, 24 janvier 1942

- Céline Matter ( ?) Les manoirs fortifiés de l’ancien évêché de Léon en Bretagne, XVème-XVIIème (pour le diplôme d’architecte de juin 1990)

- Le Keleier

- Le patrimoine de Plourin, document anonyme, à la mairie de Plourin (auteur peut-être Albert Le Gall ?)

- Les recherches d’Olivier Moal, Camille Rouzic, Muriel Catalan Rouzic

- Les Kermorgant à Kerenneur par Jean-Christophe Kermorgant

- Les photos de la famille Richard-Lansonneur proviennent des archives de Muriel et Camille Rouzic

- La photo de la famille Le Hir a été donnée par Daniel Richard

- Tous les généalogistes dont les arbres sont en ligne

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